Dans les P.-O. plus qu’ailleurs nous avons besoin d’une fonction publique au service des habitants, en grande fragilité du fait de la paupérisation de la population. Car la fonction publique est le bien de ceux qui n’ont rien. » Micro en main, le leader local de la CGT, Jean-Claude Zaparty, emmenait les troupes au combat hier depuis la place de Catalogne jusqu’au Castillet, empruntant selon le circuit habituel, les grands boulevards Pyrénées, Mercader, Poincaré, Briand, Anatole-France, Bourrat, Wilson. Des troupes fournies – 1 100 selon la préfecture, 3 000 selon les organisateurs, 2 000 environ selon nos estimations – grâce à l’appel uni de tous les syndicats : UNSA, FSU, FA, CFTC, FO, CFDT, Solidaires et CGT.

Le mot d’ordre du jour : haro sur le projet de loi sur la modernisation de la fonction publique du ministre Dussopt. À bas aussi, les réformes Blanquer de l’Éducation nationale et Buzyn pour la Santé. Trois projets qui constituent selon le speaker de la manifestation perpignanaise « des attaques sans précédent du gouvernement » contre les agents de la fonction publique. « Aucune organisation syndicale aujourd’hui n’est satisfaite » de l’action gouvernementale, souligne de son côté le représentant départemental de FO.

« Les pensions de retraite ne sont pas des allocations sociales »

« Dans les Pyrénées-Orientales, un actif sur quatre est fonctionnaire, donc en emploi pérenne. Ces gens consomment. Ils jouent un rôle d’amortisseur social. Et ils créent une cohésion sociale, pour que personne ne se sente oublié de la République. On voit ce que donne ce sentiment… une montée en puissance de la radicalisation », prévient Jérôme Capdevielle.

Dans le défilé, Ginette Kesraoui, co-secrétaire départementale de la FGR-FP, retraités de la fonction publique, est venue « défendre l’idée que notre pension n’est surtout pas une allocation sociale, mais le fruit de nos cotisations ! »

Aziza Achlouj, secrétaire de la CGT Agents territoriaux 66, a rappelé pour sa part que ces fonctionnaires sont parmi « les salariés les plus mal payés du département, avec les agriculteurs. Ce sont des smicards en puissance qui partent avec une retraite minable. » Alors aujourd’hui, souligne la syndicaliste « quelle que soit la couleur de notre drapeau, nous sommes dans le même camp ! »

L’Indépendant – Vendredi 10 mai 2019 – Sophie Babey