Belle affluence hier à Perpignan pour la première manifestation contre les ordonnances du gouvernement. Photos Michel Clementz

MANIFESTATION. Hier, plus de 3000 personnes ont défilé à Perpignan contre la nouvelle réforme du code du travail.

 

Isolée la CGT ? Pas à Perpignan en tout cas.

Ici, les syndicats contestataires ont fait front commun. Hier, les adhérents locaux de FO ont, comme prévu défilé aux côtés de leurs camarades de la CGT, de la FSU, de Solidaires et de l’Union nationales des étudiants de France (Unef). Militants issus de mouvements politiques (Parti communiste, France insoumise…) ou d’associations sont également venus grossir les rangs des opposants aux ordonnances Pénicaud, qualifiées de « loi travail XXL ».

Au final, plusieurs milliers de personnes ont défilé de la place Catalogne au Castillet via les grands boulevards. Les manifestants étaient 3 000 au bas mot. Les syndicats, qui avaient comme d’habitude mis en place un système de comptage, revendiquent plus de 5 000 participants.

  • Vers un retour à la loi de la jungle ?

« Ce n’est qu’un début, promet le secrétaire départemental de la CGT, Jean-Claude Zaparty. Cette mobilisation ne va pas s’arrêter là. Il s’agit d’une bataille que nous n’avons pas le droit de perdre. Macron veut instaurer un permis de licencier à tout va. Il veut précariser les emplois et faire disparaître à terme le CDI. Il prétend incarner le progrès, mais avec lui, c’est le retour au XIXe siècle, à la loi de la jungle ».

Le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle, s’est voulu tout aussi offensif : « Ces ordonnances sont une régression sociale majeure et inacceptable. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l’employeur pourra négocier tout seul. Il soumettra ensuite le résultat de cette négociation avec lui-même à la ratification des deux tiers du personnel, avec en toile de fond un chantage à l’emploi permanent. Sortons de ces manifs saute-mouton et bloquons là où nous le pouvons pour construire un rapport de force efficace ».

Également présent dans le cortège, le président de la section départementale de la Ligue des droits de l’homme, Henri Saurine, était tout aussi remonté. « Nous appelons à rejoindre le front social pour défendre le droit des individus à vivre dignement de leur travail », martèle-t-il.

La prochaine manifestation contre la réforme du code du travail se déroulera le 21 septembre prochain. Fortes de leur succès d’hier, les organisations syndicales des P.-O. annoncent d’ores et déjà une nouvelle démonstration de force.

 

 

 

L’Indépendant – édition du 13 septembre 2017 – Arnaud Andreu