De passage au centre de vacances Les Portes du Roussillon au Barcarès ce mercredi, le secrétaire général de Force Ouvrière Yves Veyrier a réclamé que l’attribution des aides aux entreprises soit plus clairement soumise à conditions.

« Ici on essaie de parler de ce qui est en train de se passer. Il y a une crise qui frappe l’emploi donc on négocie pour limiter la casse. » Le congrès FEETS-FO (Fédération de l’Equipement, de l’Environnement, des Transports et Services) a rassemblé des salariés d’horizons aussi divers que le transport aérien, la sous-traitance, les entreprises de nettoyage… pour parler des enjeux sociaux de la crise sanitaire. En ligne de mire du syndicat, les aides aux entreprises mises en place dans l’urgence par le gouvernement. « Ce qu’on voudrait, c’est qu’il y ait des conditions claires. Cette question doit vraiment être posée. » Force Ouvrière redoute en effet des départs contraints. « Jusqu’à présent il n’y a pas de condition d’efficacité pour ces aides, aucun contrôle. Certaines entreprises en profitent pour imposer à leurs sous-traitants des baisses de tarifs correspondantes aux aides qu’ils ont perçues. Pour eux et leurs salariés au final, c’est comme si l’aide n’existait pas ».

Yves Veyrier estime qu’il est temps qu’il y ait un grand changement dans le contrôle des marchés. « Avec la crise sanitaire on a découvert que le politique pouvait contrôler l’économie alors qu’on nous explique encore et toujours que c’est impossible depuis des décennies. Il faut profiter de cette ‘découverte’ pour interroger notre système. »

Avec ce congrès ils entendent également faire parler des emplois de « 2ème ligne » comme les personnels de nettoyage, les personnels de caisses, … « On s’est aperçu que ces métiers sont essentiels au fonctionnement du pays. Il faut les rendre à nouveau attractifs et ça passe entre autres par une revalorisation de ces emplois et de leurs salaires en responsabilisant les entreprises. ». Un combat loin d’être gagné alors que plusieurs groupes comme Auchan annoncent des suppressions de postes massives et que le télétravail fait craindre de nouveaux abus de la part des employeurs.

De son côté Jérôme Capdevielle, secrétaire général de l’Union départementale F-O s’inquiète pour les P.-O. « Malgré une belle saison estivale, la situation reste préoccupante, dans le département ce sont surtout des TPE qui sont donc plus fragiles. Le nombre de chômeurs a quand même augmenté, ainsi que les personnes en difficulté face à l’emploi. Le plan de relance annoncé par notre Premier ministre est bien, mais il faudra un plan XL pour les P.-O.. La première lame a été dure, mais la seconde nous inquiète aussi beaucoup ».

L’Indépendant – Quentin Martinez – Edition du 11 septembre 2020