Désormais plus de 20 millions de français vont vivre sous le régime du couvre-feu. Ces nouvelles mesures, censées contenir le nombre d’entrée dans les hôpitaux, en réanimation particulièrement, risquent de mettre au chômage des centaines de milliers de travailleurs. Preuve s’il en était que notre système de santé est toujours aussi malade.

Libération

Un bien triste état des lieux : Il ne sera plus possible (sous peine d’une amende de 135 euros, 1500 euros en cas de récidive), à moins d’avoir une attestation comme durant le confinement du printemps, de se balader dans les rues de Paris, de toutes les villes d’Ile-de-France, des métropoles d’Aix-Marseille, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Saint-Etienne, Toulouse, Rouen. Et ce durant au moins quatre semaines et possiblement six. Le gouvernement ira rapidement devant le Parlement pour « prolonger » ces règles, a précisé Macron. « Tous nos voisins le font », a-t-il également insisté avant d’inciter l’ensemble des Français à ne plus se réunir à plus de six dans le cercle privé et promis aux restaurateurs et au monde du spectacle de nouvelles aides et exonérations de cotisations pour surmonter ce nouveau coup dur.

Le Figaro

Pour la restauration ce rideau de fer dès 21 heures risque bien d’être fatal : Le sol s’est dérobé sous leurs pieds. Déjà mal en point, les restaurants sont à nouveau plongés dans le noir à cause du couvre-feu imposé à 21 heures en Ile-de-France et dans huit métropoles. Depuis des mois, ils ne tiennent que grâce aux perfusions des aides de l’État. Les priver de soirées risque de porter un coup fatal aux plus fragiles. De justesse, ils avaient évité une nouvelle fermeture administrative la semaine dernière, en renforçant les mesures sanitaires dans leurs établissements. Le couvre-feu décidé jusqu’au 1er décembre va les amputer de la plus grosse partie de leur activité pendant des semaines. Et la note sera salée : Pour l’Umih [Union des métiers et industries de l’hôtellerie], il faut s’attendre à 30 000 défaillances de cafés, hôtels et restaurants d’ici la fin de l’année, et 200 000 salariés au chômage. Outre ce secteur, le quotidien précise : L’extinction des feux à 21 heures assomme également le monde de la culture.

AFP

Entre confinement et couvre-feu, ce sont les salariés et particulièrement les plus précaires qui qui risquent d’être encore plus fragilisés. Dans son interview télévisée mercredi soir [14 octobre], Emmanuel Macron a annoncé « une aide exceptionnelle » de 150 euros pour les allocataires du RSA, plus un pécule de 100 euros par enfant à charge, également octroyé aux familles bénéficiant d’aides au logement. Cette aide, déjà versée au printemps lors de la première vague de l’épidémie, devrait bénéficier à 4,1 millions de foyers, incluant 5 millions d’enfants. Nous sommes très loin du compte pour lutter contre la pauvreté : Les associations, reçues il y a deux semaines par Jean Castex, espèrent notamment une augmentation du RSA et son extension aux jeunes de 18 à 25 ans. Mais le président a d’ores et déjà fermé la porte à cette revendication. Quant aux syndicats, dont FO, ils revendiquent 500 euros par famille.

Les Échos

Vers un naufrage économique et social ? Préféré au reconfinement, jugé ̎« disproportionné » par Emmanuel Macron, le couvre-feu vise aussi à limiter, au maximum, les conséquences économiques de la deuxième vague de l’épidémie. Au printemps dernier, les huit semaines de confinement ont coûté à la France un tiers de son PIB. Une phrase qui en dit long : « Nos services de réanimation sont dans une situation qui n’est pas soutenable », a-t-il alerté [Macron]. Aveu qu’en huit mois de crise, rien n’a été fait pour augmenter significativement le nombre de lits de réa.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly