A l’appel de la FGTA-FO et des syndicats FO, une centaine de salariés (jauge fixée par la préfecture pour des raisons sanitaires) se sont rassemblés le 8 avril devant le siège d’Accor à Issy-les-Moulineaux. Mégaphone en main, ils se sont opposés bruyamment à la suppression de plus d’un millier d’emplois au sein du groupe hôtelier Accor (Ibis, Sofitel, Novotel, Mercure, Pullman) et de sa filiale AccorInvest, qui exploite les établissements sous enseigne Accor. Une première manifestation, portant sur les mêmes revendications, avait déjà été organisée le 14 janvier devant le Novotel Tour Eiffel.

Chez Accor, la procédure d’information-consultation du CSE sur la suppression d’environ 300 emplois doit s’achever le 15 avril. A cause du Covid, les salariés sont au chômage partiel ou en télétravail depuis presque un an, rappelle Daniel Lebourgeois, DSC FO chez Accor. Cette situation crée des problématiques mentales et économiques, ce n’est pas du tout le moment de supprimer des emplois. Le militant s’opposera à tout licenciement contraint. Il demande également un report de six mois dans la mise en œuvre du plan. Cette réorganisation n’a rien de vital pour le groupe, Accor souhaite juste préparer l’avenir, rappelle-t-il.

C’est aussi plus difficile pour le syndicat de maintenir le contact avec les salariés. Par cette manifestation, nous voulons leur montrer que nous sommes là pour les défendre, ajoute-t-il.

FO demande la négociation d’un accord APLD

Chez AccordInvest, près de 800 emplois sont menacés au siège et dans l’hôtellerie. La négociation avec les IRP, qui vient de démarrer, est très tendue selon Naffie Kante, déléguée syndicale FO. Outre la dénonciation du plan social, elle revendique la négociation d’un accord d’activité partielle de longue durée (APLD). La direction veut d’abord supprimer des postes avant de négocier un accord APLD, dénonce-t-elle. Un tel accord permettrait au contraire de sauvegarder des emplois. Naffie Kante redoute également que ce plan n’aboutisse pour les salariés à une polyvalence à marche forcée, sans augmentation de salaire.

Pour rappel, AccorInvest a reçu des aides de l’État, et notamment un prêt garanti par l’État de 477 millions d’euros.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly