Avec 1,5 million d’euros de bénéfices engrangés pour plus de 7 milliards d’euros de marge, la SNCF a battu un nouveau record en 2024. Cela porte à sept le nombre de semestres bénéficiaires consécutifs, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’entreprise, souligne FO-Cheminots.
En regard, la fédération dénonce la faiblesse des augmentations générales accordées aux cheminots, inférieures à l’inflation depuis des années. Elle estime à 15% le recul des salaires moyens constants (tenant compte de l’inflation) sur les dix dernières années.
Augmenter la productivité
Si la direction explique que les augmentations se font par le biais de primes ou d’intéressement, FO dénonce une politique utilisée pour diviser les cheminots. Elle précise que la part de la masse salariale à déduire du chiffre d’affaires a été divisée par deux entre 1991 et 2022.
Selon la fédération, la politique de filialisation menée par la direction vise à accentuer ce mouvement. Que ce soit au fret, au TER, à Transilien, on voit déjà que l’objectif central est l’augmentation générale de la productivité, dénonce FO-Cheminots, qui appelle à l’organisation d’une véritable mobilisation pour l’augmentation générale des salaires.
Concurrence et modernisation
C’est ce contexte tendu que l’ouverture à la concurrence prend de l’ampleur. L’arrivée de Trenitalia sur la liaison Paris Marseille, en plus de lignes déjà existantes (Paris-Lyon et Paris-Milan) ou l’annonce, par Virgin, de concurrencer l’Eurostar chamboulent le transport ferroviaire, à coups de prix cassés pour prendre des parts de marché quitte à perdre dans un premier temps des millions d’euros.
La réponse de la SNCF a de quoi inquiéter la fédération. Ainsi, la présentation des nouveaux TGV rime avec suppression de services et de personnels. Ainsi, la prise en charge des voyageurs à mobilité réduite ne se ferait plus par des agents, mais serait en « autonomi ». De même, la nouvelle voiture « bistrot » avec libre-service et caisses automatiques signifie suppression des personnels de la restauration ferroviaire. Pour FO Cheminots, la modernisation du matériel voyageur est indispensable, mais elle ne peut se faire au détriment du service et des personnels. La concurrence n’a jamais fonctionné dans le ferroviaire et s’accompagne toujours d’une disparition du service public et de la dégradation des conditions sociales des agents.