Réforme des retraites : la mobilisation est toujours là


A Paris, Marseille, Toulouse, Rennes, Bordeaux, au Havre, Saint-Etienne, Strasbourg, Lille, Le Mans, Nevers, Lorient … Encore une fois dans tout le pays, les cortèges étaient toujours très fournis ce 29 janvier pour le huitième temps fort de la mobilisation contre le projet de réforme des retraites. Une mobilisation entamée il y aura bientôt deux mois.

Le précédent temps fort de la mobilisation contre le régime unique de retraite par points s’était déroulé le jour de l’adoption du projet en Conseil des ministres. Celui de ce 29 janvier a eu lieu à la veille de l’ouverture d’une conférence sur le financement des retraites à laquelle ont été conviés les partenaires sociaux et qui devrait s’étirer jusque en avril.

« Conférence de financement ou pas nous continuerons à dire que nous ne voulons pas de ce régime unique par points. Que le gouvernement ne compte pas sur nous pour faire diversion ». Une mise au point du secrétaire général de la confédération FO, Yves Veyrier, au démarrage de la manifestation parisienne.

Dans cette manifestation se mêlaient de nouveau travailleurs du public et du privé, étudiants et lycéens, actifs et retraités, grévistes de secteurs très variés : des égoutiers aux électriciens et gaziers, comme ceux venus en autocars de la centrale de Gravelines (Nord), en passant par les employés de la Bibliothèque nationale et du Muséum d’histoire naturelle ou encore les musiciens et les danseurs de l’Opéra.

Derrière la banderole du cortège FO, manifestaient coude à coude cheminots, employés d’Orange, postiers, métallos, enseignants, agents des organismes sociaux, salariés de la Sodexo, de Danone, de Coca-Cola, d’Air France, de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) …

Confortés par l’avis du Conseil d’État

« Nous demandons toujours la même chose, l’abandon du projet de système universel par points. Nous sommes confortés par l’avis que vient de rendre le Conseil d’État qui confirme qu’il faudra travailler plus longtemps puisque l’âge pivot devient la clé de voûte du système (…) Il confirme aussi que ce système serait intégralement entre les mains de l’État, ce qui signifie que les droits à la retraite dépendraient chaque année des décisions du gouvernement et du parlement. Les interlocuteurs sociaux seront consultés, mais pour avis seulement », a expliqué Yves Veyrier.

Le Conseil d’État met également l’accent sur « la légèreté avec laquelle le gouvernement considère ses interlocuteurs, y compris les institutions de la République », a aussi tenu à souligner le secrétaire général de FO.

La plus haute juridiction administrative du pays a en effet indiqué ne pas disposer de tous les éléments d’information nécessaires pour pouvoir garantir la sécurité juridique du futur système de retraite.

Nous sommes convaincus d’avoir raison !

Interrogé sur la participation de FO à la conférence sur le financement des retraités, Yves Veyrier a précisé : « Nous ne sommes pas dupes. Cette commission ne débouchera pas sur l’abandon du projet de système universel par points. Sous la pression de la mobilisation, le gouvernement a dû reporter le démarrage de l’application du régime unique par points à la génération née en 1975. Il lui faut donc trouver le moyen de réaliser des économies d’ici là. Il nous dit qu’il veut bien écouter d’autres idées mais qu’en dernier ressort il imposera l’âge pivot s’il le faut (…) Nous, nous allons poser la question de la hausse de la cotisation (…) Tant que j’estimerai que cette bagarre mérite d’être menée dans le cadre de cette conférence nous y serons, mais si à un moment donné on estime que la bagarre n’a pas de chances d’aboutir, on fera autrement. »

Et de souligner encore en guise de conclusion : « Cela ne nous détournera pas de notre objectif qui est de mettre fin à ce projet de régime universel par points. Il est temps de stopper le processus et de revenir au point de départ sans préalable. Malgré la longueur inédite de cette mobilisation, le gouvernement, les parlementaires doivent comprendre que nous n’avons pas l’intention de lâcher, parce que nous sommes convaincus d’avoir raison et que notre objectif reste d’obtenir gain de cause. »


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly

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