Nous entrons dans une nouvelle ère, a affirmé le président Emmanuel Macron lors de son allocution du 5 mars, appelant, avec les futurs financements – européens et français – pour l’économie de guerre, à renforcer nos armées et à accélérer la réindustrialisation dans toutes nos régions. Réindustrialiser sur la seule préoccupation du réarmement ? Pour FO, cela ne peut être si restrictif. Elle revendique d’ailleurs, et depuis des mois, que l’industrie, tous secteurs confondus, soit la priorité absolue dans les choix économiques et appelle à des actions concrètes immédiatement. Emmenée par le secrétaire général de la confédération, Frédéric Souillot, la délégation FO, reçue le 7 mars au ministère de l’Économie, a insisté sur cette nécessité face aux enjeux de souveraineté et de transition énergétique. Les projets liés au secteur de la Défense pourront être une diversification bienvenue, a expliqué, dans ce contexte, FO Métaux.
Automobile : un plan européen très insuffisant
Faut-il rappeler l’urgence d’agir, alors que s’accélèrent les restructurations dans la chimie, la sidérurgie et dans l’automobile, sur fond de fin programmée du moteur thermique et d’arrivées de concurrents chinois très subventionnés ? Publié le 13 mars, le baromètre industriel de l’État montre le retournement : il recense plus de fermetures d’usines en 2024 (- 119) que d’ouvertures (+ 114). L’industrie automobile enregistre le plus grand nombre de fermetures d’établissements.
Présenté le 5 mars, le plan européen industriel d’action pour l’automobile, censé sauver une industrie en danger de mort selon Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, déçoit. Il est très insuffisant en termes de moyens financiers, comparé à ceux mobilisés par les Américains ou les Chinois pour protéger leur industrie dans la transition. Il ne permettra pas de stabiliser l’emploi, encore moins de le relancer, dénonce Olivier Lefebvre, secrétaire fédéral FO Métaux chargé de l’automobile.