Le 5 novembre, grève massive dans les cantines scolaires et crèches de Marseille


Les agents municipaux des cantines scolaires et des crèches de Marseille ont massivement répondu à l’appel à la grève lancé par FO le 5 novembre, pour obtenir l’extension des mesures Ségur, mais aussi pour défendre leurs revendications locales, à commencer par des effectifs supplémentaires. Pas moins de 218 cantines sur 320 et 158 écoles sur 470 étaient totalement fermées, ainsi que 43 crèches municipales sur 59. De nombreuses autres l’étaient partiellement. Si le manque de personnel n’est pas nouveau, les contraintes sanitaires rendent les choses plus difficiles encore. « Les agents n’en peuvent plus » explique le syndicat FO des territoriaux, majoritaire à Marseille.

On n’en peut plus ! Ces quelques mots, qui en disent long, étaient inscrits sur les panneaux brandis ce 5 novembre par des agents municipaux des cantines et crèches de Marseille en grève. Installés dans les locaux du syndicat FO des territoriaux (majoritaire), ils assistaient en direct par visio-conférence à la rencontre qui avait lieu en présentiel entre FO et les représentants de la municipalité. Au cas où ce message visuel ne serait pas suffisant, Patrick Rué, secrétaire général du syndicat, qui conduisait la délégation à la mairie, l’a reformulé de vive voix devant ses interlocuteurs : Le constat est sans équivoque, ces agents n’en peuvent plus, a- t -il déclaré d’emblée.

L’épuisement des agents

Davantage de distanciation entre les enfants, moins de brassage dans les réfectoires, des bâtiments, désinfections à répétition … Avant le covid, nous manquions d’effectifs, mais à présent, les protocoles sanitaires compliquent encore la situation. Ils sont draconiens et au vu du manque de personnel et de la configuration des locaux, ils sont difficilement applicables dans la majorité des écoles de Marseille , témoignait Arabelle Lauzat, responsable de la section Écoles du syndicat FO des territoriaux, à la veille de la mobilisation. L’absentéisme, effectivement important, vient de l’épuisement de nos agents. Beaucoup viennent travailler la peur au ventre, et sont démotivées, ajoutait-elle.

La première des revendications portée par FO est donc l’augmentation des effectifs, dans les écoles comme dans les crèches. Mais alors que la nouvelle équipe municipale (issue du scrutin du 28 juin dernier) déclarait dès la rentrée de septembre envisager quelque 300 embauches à répartir entre les crèches et les écoles, il en faut -au moins- 300 rien que pour les écoles, indique Arabelle Lauzat.

FO veut une étude précise des besoins, sur le terrain, crèche par crèche, école par école

Pour FO, la solution passe par une étude précise des besoins, sur le terrain, structure par structure. Au lieu de procéder aux recrutements par des estimations à la louche, il faut aller observer école par école, crèche par crèche, pour connaître les besoins et recruter plus efficacement, a défendu Patrick Rué devant les représentants de la municipalité.

Ce pointage précis sur le terrain est indispensable, car l’évaluation des besoins ne peut se faire à partir de tableaux numériques sur lesquels sont par exemple encore comptés dans les effectifs (opérationnels, ndlr) des personnels en maladie longue durée ou en reclassement médical. Et il faut aussi tenir compte de la spécificité des métiers, explique Nicole Leborgne, secrétaire adjointe du syndicat.

Augmenter le personnel volant pour remplacer les absents

A ce jour, la mairie a redéployé dans les écoles 90 agents municipaux venus d’autres services (sports, culture, animation-jeunesse…). Elle a également augmenté le nombre d’heures effectuées par les agents contractuels employés à la surveillance des cantines (de 10 heures à 28 heures pour 160 d’entre eux et jusqu’à 40 heures pour une centaine d’autres). Mais cela ne satisfait pas FO. Nous ne voulons pas d’heures supplémentaires pour les contrats précaires. Nous voulons des embauches. Quant aux autres agents municipaux appelés en renfort, ils ne sont pas toujours formés aux métiers de l’enfance souligne Arabelle Lauza.

Le syndicat FO revendique aussi d’augmenter la proportion du personnel volant qui devrait représenter 10 à 15% de l’effectif pour pouvoir couvrir les absences. Il ne faut plus attendre de se retrouver dans la situation de fermer une structure parce qu’on ne peut pas accueillir les enfants, comme cela s’est déjà produit, insiste Nicole Leborgne.

Face à l’ampleur de la mobilisation ce jeudi 5 novembre, l’équipe municipale s’est montrée plutôt ouverte aux propositions du syndicat FO, indique la responsable syndicale. On a obtenu une oreille plus qu’attentive, s’est d’ailleurs félicité Patrick Rué, à l’issue de la rencontre. Il reste désormais à concrétiser les choses.

Que les victimes du Covid perçoivent leur prime de fin d’année comme les autres

Outre la question des effectifs, d’autres revendications ont été mises sur la table par FO, qui a notamment demandé que les agents qui ont été absents parce qu’ils ont contracté le Covid puissent percevoir la partie modulable de la prime de fin d’année, partie habituellement amputée à partir du quatrième jour d’absence. Les représentants de la municipalité ont donné leur accord de principe à une indemnité compensatrice, la décision finale étant soumise maintenant à l’arbitrage de la maire, Michèle Rubirola.

Autre point important, les congés annuels déposés en février et qui avaient été supprimés au motif du premier confinement seront restitués aux agents (avec une franchise de cinq jours), ce que FO revendiquait depuis huit mois.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly

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