Emploi : plus d’un mois de grève à la raffinerie Total de Grandpuits


Pour préserver l’emploi, les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) sont en grève depuis le 4 janvier à l’appel de FO et de deux autres organisations syndicales. Les organisations syndicales estiment que 700 postes directs et indirects sont menacés dans le cadre du projet de reconversion du site.

Lors d’une assemblée générale organisée le 2 février, les salariés du site de raffinage Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont décidé de reconduire jusqu’au 11 février la grève entamée le 4 janvier. Cela représente plus de cinq semaines d’une mobilisation ininterrompue à l’appel de trois syndicats dont FO, pour préserver l’emploi dans le cadre du projet de reconversion du site.

Le groupe pétrolier Total a en effet annoncé en septembre 2020 sa volonté de mettre fin à ses activités de raffinage d’hydrocarbures à Grandpuits, et de transformer le site en plateforme zéro pétrole. L’objectif est de produire des biocarburants et des bioplastiques, de recycler des plastiques et d’exploiter deux centrales solaires photovoltaïques. La mise en œuvre de ce projet, baptisé Galaxie, est programmée à l’horizon 2024.

En termes d’emploi, la direction prévoit de ne conserver que 250 postes sur 400. La direction assure que les salariés dont le poste est supprimé feront l’objet d’un départ anticipé à la retraite ou d’une mobilité interne. Les syndicats estiment pour leur part que près de 700 emplois sont menacés au total, en incluant les emplois indirects chez les prestataires.

Début janvier, les salariés ont refusé de démarrer les manipulations préparatoires à l’arrêt de l’activité – notamment le dégazage – et ils se sont mis en grève. Ils avaient déjà cessé le travail pour des mobilisations de 48 heures en novembre et décembre 2020. Très remontés, ils bloquent aussi les expéditions depuis une semaine. Ils ont également mené plusieurs actions dont un rassemblement devant le siège de Total à La Défense le 26 janvier, date du deuxième CSE central.

Un dernier CSEC le 9 février

Nous voulons un espace de concertation sur l’emploi avec la direction, le projet tel qu’il est ne nous convient pas, explique Alexis Appert, secrétaire du syndicat FO. Nous voulons préserver des postes et faire remonter des dysfonctionnements. Il estime que les conditions ne sont pas réunies pour assurer notamment la sécurité et la maintenance du site, faute de bras. Aujourd’hui, au niveau de la sécurité, nous avons déjà des soucis en termes d’effectifs pour permettre la formation continue (le recyclage) des pompiers, explique-t-il. Demain, le ratio d’hommes par poste devrait encore baisser. Ce n’est pas possible, sans sécurité fiable, tout le monde est en danger.

Il explique aussi que la future organisation du site sera calquée sur celle d’une plateforme similaire basée en Thaïlande. Mais le code du travail en Thaïlande n’est pas le même qu’en France, ça n’a rien à voir avec nous, ajoute Alexis Appert.

Les négociations sur les mesures sociales d’accompagnement (MSA) viennent de s’achever. FO soumet sa signature à l’obtention d’avancées en matière d’emploi.

Un troisième et dernier CSE central est programmé le 9 février. Le militant FO espère que les questions d’emploi seront enfin abordées lors de cette réunion. Nous ne sommes pas contre la reconversion du site, poursuit-il. Mais nous voulons qu’elle se fasse dans de bonnes conditions.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly

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