Dans les écoles, les collèges et les universités, les conséquences de la politique budgétaire se font sentir. Face à une situation de plus en plus dégradée, la mobilisation s’organise.
Si les situations relatives aux moyens divergent bien sûr d’un établissement scolaire à l’autre ou d’une université à une autre, les conséquences des mesures d’austérité budgétaire et des réformes se font sentir de plus en plus sur le territoire. Ce qui amène les militants FO à batailler. Nombre de mobilisations ont ainsi ponctué le mois de mars et ce 2 avril était prévue, à l’appel d’une intersyndicale à laquelle participe la FNEC FP-FO, une grève nationale et une manifestation à Paris contre la réforme du Choc des savoirs. Comment s’étonner de ce mécontentement dans l’enseignement. Dans le premier degré, par exemple, sont prévues à la prochaine rentrée 670 suppressions de postes et 5 000 fermetures de classes. Et ces dernières impactent notamment les territoires ruraux. Dans l’Yonne, par leur mobilisation, les enseignants avec les familles et des élus locaux ont réussi à faire reculer partiellement le rectorat. Le collectif est monté à Paris le 15 mars, organisant un rassemblement soutenu par la FNEC FP-FO. À la suite de celui-ci, un comité de liaison s’est créé pour fédérer l’ensemble des acteurs contre les fermetures de classes, explique Christophe Lalande de la FNEC FP-FO. Dans la capitale, où des classes ferment aussi, la fédération a dû œuvrer par ailleurs sur un autre dossier : celui de la menace d’une suppression des décharges d’enseignement pour les personnels de direction des écoles. La mobilisation des agents contre ce projet, les 4 et 11 mars, a permis d’obtenir le recul du ministère. Le 18 mars, il a ainsi annoncé un moratoire.
Étudiants et personnels en AG
Particulièrement touché par des mesures d’austérité, l’enseignement supérieur vit au rythme des mobilisations depuis le mois de décembre. Dernière en date, celle, nationale, le 27 mars, à l’appel de plusieurs syndicats dont FO. De plus en plus de professionnels, enseignants-chercheurs comme agents administratifs, rejoignent les étudiants déjà bien engagés dans des actions de blocage ou des assemblées générales, constate Sylvain Excoffon de FO-ESR. Là encore, rien d’étonnant. Les conséquences des choix budgétaires commencent à être visibles dans les universités, et notamment au niveau des formations. Par exemple, à Poitiers, il a été demandé à chacune de diminuer ses coûts de 10 %. Cela peut passer par une baisse des frais de fonctionnement, mais aussi par la diminution des heures de cours. En réponse, de nombreuses assemblées générales s’organisent en vue de construire la mobilisation. Sur certains sites, la jonction entre étudiants et personnels s’opère, observe Sylvain Excoffon. Ainsi, au Crous de Rouen, les agents et les étudiants ont écrit ensemble leurs revendications.