Alors que les secteurs du social et médico-social subissent une situation générale dégradée et d’ une austérité budgétaire qui s’aggrave, une large intersyndicale, regroupant toutes les organisations représentatives, dont FO, appelait à la mobilisation le 1er avril. Par des grèves et des manifestations dans de nombreuses villes, les personnels de ces secteurs ont montré leur profond mécontentement.
Cela fait bien longtemps que l’on n’avait pas eu une intersyndicale aussi large, indique Pascal Corbex de la Fnas-FO. Les cinq organisations représentatives des secteurs du social et du médico-social, dont FO, appelaient à une mobilisation (grève, rassemblements, manifs) le mardi 1er avril. Des rassemblements ont ainsi eu lieu dans les départements, notamment aux abords des préfectures et des ARS (agences régionales de santé). À Paris, un rassemblement a eu lieu devant le ministère de la santé.
Autant dire que l’humeur n’était aucunement à la blague. Les syndicats font en effet le constat d’une situation générale dégradée, cela sur fond d’austérité budgétaire qui s’aggrave. Ils revendiquent des moyens à hauteur des besoins pour les structures, exigent l’augmentation générale des salaires prenant en compte a minima la perte du pouvoir d’achat depuis 30 ans, et demandent l’amélioration des conditions de travail et la création des postes nécessaires.
Parmi les déclencheurs de cette mobilisation, les organisations évoquent aussi le non-agrément, dans la BAD (Branche de l’Aide à Domicile) et dans la CCNT 65, des avenants salariaux, lié à un refus catégorique des départements de financer toute augmentation tant que l’État ne compense pas les dépenses supplémentaires. Autrement dit, le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a refusé de signer ces textes qui prévoyaient l’octroi de 6 points d’indice, ce qui représenterait une trentaine d’euros par salarié. En tout, 200 000 salariés auraient été concernés, ce qui a son importance dans le domaine des aides à domicile où les professionnels sont souvent payés en deçà du Smic, regrette la Fnas.
Un projet de convention unique au rabais
Dans leur communiqué du 26 février, les organisations syndicales constataient aussi le blocage des négociations salariales dans les conventions collectives. La situation s’est depuis crispée. Lors de la dernière réunion, le 18 mars, les employeurs, à travers la confédération Axess, ont proposé leur projet de convention unique (CCUE). Le refus a été unanime : tous les syndicats ont quitté la table des négociations. Il s’agit d’une convention unique au rabais, s’indigne Franck Houlgatte de FO santé privée. Nous étions opposés de base à ce projet, mais là c’est une régression sans précédent de nos acquis sociaux !. Une colère que partage Pascal Corbex : sur le temps de travail et les congés, ce document est inacceptable ! Par exemple, les congés trimestriels sont divisés par trois. Les organisations ont donc décidé d’ajouter parmi les mots d’ordre de la mobilisation du 1er avril le refus de ce projet de convention unique au rabais.