Banque de France : l’annonce de suppressions d’emplois, malgré la crise


Pour « le bon travail » accompli en 2020, les personnels de la Banque de France (9 535 postes équivalent temps plein [ETP]) avaient eu des remerciements, de la part du gouverneur, notamment… Depuis le début 2021, l’institution ne cesse cependant de leur annoncer des suppressions d’emplois. Des mauvaises nouvelles au plan social qui compliqueront, qui plus est, la réalisation des missions de service public.

Dès le 20 janvier, la fermeture de 14 caisses régionales de tri (filière fiduciaire) sur 37 (200 il y a vingt ans) de la Banque de France (BdF) était ainsi annoncé, induisant d’ici 2022 la suppression de 134 postes (par retraite anticipée, mise en formation, mobilité géographique ou fonctionnelle…). Et ce plan, qui prévoit une clause de revoyure pour évaluer la situation en 2023, est menaçant aussi par les répercussions qu’il risque d’avoir sur d’autres caisses et services qui pourraient fermer à leur tour, ce qui fait d’ores et déjà fait planer le doute sur l’avenir d’autres emplois au-delà de ces 134. A cette annonce, s’ajoute par ailleurs pour cette année la fixation d’objectifs revus une nouvelle fois à la hausse dans les différents secteurs de l’institution. Cela alors que la pression due à la charge de travail est de plus en plus insoutenable insiste le syndicat FO de la BdF.

Des missions d’autant plus essentielles en ce moment

Il s’insurge aussi par ailleurs contre l’absence de redistribution des gains de productivité et souligne qu’il est temps pour nos dirigeants de cesser de raisonner en termes de coût. Mettons à profit directement les bénéfices records de notre institution en rendant un service public de qualité, partout et pour tous !. L’intersyndicale, comprenant FO, rappelle au passage que la BdF a reversé à l’État 6,1 milliards d’euros en 2019 sous forme de dividendes et d’impôts sur les bénéfices.

Mi-mars, l’institution a annoncé cette fois la suppression de 600 emplois d’ici 2024 dans le cadre d’un plan stratégique intitulé, avec aplomb, Construire ensemble 2024. L’intersyndicale qui fustige une gestion dogmatique des effectifs faisant fi des conséquences, s’en est indignée. Quelque 3 500 emplois au moins seraient ainsi supprimés entre 2016 et 2024.

Et de résumer : les moyens humains de la BdF ont été réduits de moitié en vingt ans… Cela alors que l’institution a un rôle essentiel (prévisions économiques, stratégie monétaire, traitement du surendettement, crédits aux entreprises et accompagnement…) et d’autant plus dans le cadre de la crise. Les syndicats de la BdF, dont FO, ont tenu à rappeler l’attachement des personnels à un service public garant de l’intérêt général, accessible à tous, en particulier pour les populations fragiles et les territoires les moins accessibles.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly

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