Avec FO, faire respecter les droits des travailleurs loin de la métropole


Martha Marie-Louise, 46 ans, est comptable et agent de maîtrise chez Ribal TP, une filiale de Colas basée à Cayenne, en Guyane. Tête de liste pour les élections CSE, elle a rejoint FO en 2014 lorsqu’un CE s’est créé dans sa société.

Elle a alors pris conscience de l’importance du droit du travail.

C hez nous, et plus largement en Guyane, nous ne luttons pas seulement pour les NAO, mais surtout pour faire appliquer la réglementation, souligne Martha. Au sein de Colas SA, on relève de la direction internationale. Notre direction locale change tous les trois ans. Comptable, elle a fait toute sa carrière dans le BTP. Après un BTS en comptabilité-gestion, elle devient agent administratif chez Bec Frères. Elle est ensuite débauchée par Ribal TP, une filiale du groupe Colas spécialisée dans la préparation de terrain, le terrassement… En dix-sept ans, elle est passée par les services de la paie, de la comptabilité générale et de la trésorerie. Depuis 2018, elle est affectée au poste formation et gère aussi les contrats et les litiges avec les fournisseurs.

Jusqu’en 2014, cette mère de deux enfants, aujourd’hui âgés de 15 et 20 ans, se préoccupait peu de la vie syndicale de l’entreprise. J’étais centrée sur mon boulot et ma famille, reconnaît-elle. Et comme j’avais été débauchée, j’avais pu négocier mon salaire et mon contrat de travail. Également directrice bénévole d’un club de scouts, elle aime le contact avec la nature et voyager.

Après une fusion, les effectifs de la société dépassent 50 salariés et un CE est créé. Elle décide de s’investir et se présente au deuxième tour des élections. Dans le CE je ne voyais alors que le côté loisirs, sourit-elle. Mais dès la première réunion j’ai saisi que le rapport de force était ardu et que mon implication devait être tout autre.

Elle se tourne alors vers les deux syndicats présents dans l’entreprise, l’Union des travailleurs guyanais (UTG), majoritaire chez les ouvriers, et FO, majoritaire chez les cadres et les agents de maîtrise. L’UTG me semblait trop politisé, alors j’ai pris ma carte à FO, explique-t-elle. Rapidement, elle est nommée déléguée syndicale. Néophyte, elle suit une formation FO.

Des formations confédérales mégatop

Pour la première fois, elle se plonge dans la convention collective des travailleurs de Guyane et découvre que celle-ci n’est pas respectée par la société. Ainsi, en cas de maladie, le maintien de salaire sans jour de carence est appliqué aux cadres et aux agents de maîtrise, mais pas aux ouvriers. Je l’ai signalé en séance plénière, poursuit-elle. La direction a dit que c’était une erreur et que cela serait rectifié. J’ai été surprise que ça se passe chez un mastodonte comme Colas. J’ai alors pris conscience de la responsabilité d’un élu du personnel.

Depuis, elle a enchaîné les formations confédérales, qu’elle qualifie de mégatop. Cela lui permet d’être mieux armée pour défendre les travailleurs. En 2018, j’ai dû batailler pendant un an pour convaincre de l’existence du don de congés entre collègues et mettre en place cette procédure avec la Caisse de congés payés, ajoute-t-elle.

Fin octobre, Martha était dans la dernière ligne droite en vue des élections CSE, dont le premier tour était prévu le 8 novembre. Elle est tête de liste pour le second collège. En amont du scrutin, le 1er octobre 2019, les quatre sociétés guyanaises détenues par Colas, et dont Ribal est la société mère, ont été regroupées au sein d’une unité économique et sociale de 164 salariés. Lors des dernières élections en 2016, FO avait remporté 35 % des voix chez les ouvriers et 100 % chez les ETAM et les cadres.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly

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