Le 27 mars, les seuls cinq interlocuteurs sociaux restant à la table des concertations sur les retraites ont annoncé travailler à une nouvelle feuille de route. FO s’oppose à l’élargissement des discussions au pilotage du système du régime général des retraites. Ce qui risquerait de remettre sur la table le projet de retraite à points.
Après le départ de deux organisations syndicales (dont FO) et d’une organisation patronale, la concertation sur les retraites prend l’eau. Dans ce « conclave » désormais rebaptisé « Village retraite », il ne reste autour de la table que trois organisations syndicales et côté patronat : le Medef et la CPME. Le 27 mars, ces cinq interlocuteurs sociaux restants ont annoncé travailler sur une nouvelle feuille de route, qui consoliderait le système par répartition en respectant l’équilibre financier du système. Les discussions aborderaient d’éventuelles améliorations des mécanismes de solidarité du système de retraite. Surtout, en phase avec les propos de François Bayrou, le programme s’élargirait à la réorganisation du pilotage et de la gouvernance du système du régime général, qui pourrait à terme être confiée aux interlocuteurs sociaux. Cet axe nouveau fait bondir Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO en charge des retraites. Ce village retraites, ce n’est ni le lieu, ni l’endroit pour discuter du pilotage du système des retraites. C’est scandaleux d’aborder des enjeux aussi conséquents sans que tous les interlocuteurs sociaux soient présents.
En embuscade toujours, un régime par points
Sur le fond vouloir confier la gestion du régime de base des retraites aux interlocuteurs sociaux est une idée en forme de piège, insiste le secrétaire confédéral : S’il s’agit de remettre à l’équilibre le régime de base, puisque le patronat refuse d’augmenter les cotisations, la seule solution sera d’aller ponctionner dans les réserves des régimes complémentaires, en particulier celles de l’Agirc-Arrco. En réalité, ce qu’ils nous préparent dans leur coin, c’est l’introduction d’un régime de retraites par points englobant tous les régimes, avec à la clé la baisse des pensions. Un projet que FO refuse.
Stigmatisation des retraités
Enfin, cette nouvelle feuille de route, qui doit être encore être précisée, prévoit un effort partagé (entre entreprises et salariés, voire retraités) pour les ressources du système. Certains syndicats ne sont pas hostiles à l’idée de faire contribuer les retraités. Et le Medef est clairement favorable à l’idée d’en finir avec l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites. L’idée hérisse. Le 28 mars, les unions de retraités (dont l’UCR FO) ont rappelé leur opposition à la suppression de l’abattement fiscal sur les pensions. Suppression qui serait une atteinte au pouvoir d’achat des retraités. Elles dénoncent le dévoiement du problème, alors que les entreprises, elles, ont été exonérées de cotisations sociales à hauteur de 77 milliards d’euros en 2025.