Zaïnil Nizaraly, 40 ans, a été élu le 9 septembre secrétaire général de la fédération FEETS-FO, pour prendre la succession de Jean Hédou. Cet ancien ingénieur des travaux publics de l’État a adhéré à FO alors qu’il était encore étudiant. Sa principale revendication pour le mandat à venir : que l’humain prime sur l’économique.

Zaïnil Nizaraly se souvient encore de la première phrase que lui a adressée Jean Hédou, son prédécesseur au mandat de secrétaire général de la Fédération de l’Équipement, de l’Environnement, des Transports et des Services FEETS-FO, lors de leur première rencontre : Ne baisse jamais la tête devant qui que ce soit.

Le jeune militant interprète ces mots à sa manière, pour en faire une ligne de conduite :  Il faut cultiver nos convictions sans nous enfermer dans nos certitudes, et toujours respecter le mandat. C’est ce que le nouveau secrétaire général a raconté à la tribune du XIIe congrès de la FEETS-FO, au cours duquel il a été élu.

 Mon militantisme a commencé avec FO, explique-t-il de sa voix posée. Il a adhéré au syndicat des ingénieurs des travaux publics de l’État (Snitpect-FO) en 2002, alors qu’il était encore à l’école, après avoir rencontré des camarades lors de stages. J’ai passé des heures le soir et le week-end à militer pour l’organisatio, poursuit-il.

Son diplôme d’ingénieur en poche, il exerce dans différents services et administrations, tout en prenant des mandats locaux. Dès le début, j’ai défendu tous les personnels, quelle que soit leur catégorie, ajoute Zaïnil. Une vision à l’image de sa fédération, qui a la particularité de représenter à la fois des salariés du secteur public et du privé.

Il devient permanent du Snitpect-FO en 2010 et rejoint la fédération FEETS-FO en 2013. Il est alors chargé du développement de FO dans le service public de l’environnement (parcs nationaux, agences de l’eau…), le secteur privé pour la qualité de l’air et les structures associatives de pêche de loisir. Par la suite, il est également chargé de l’international, un champ essentiel pour une fédération qui regroupe les secteurs aérien et maritime.

S’enrichir de la différence de l’autre

Ce militant né à La Réunion et arrivé en métropole à l’âge de 20 ans s’en réjouit. J’aime voyager pour aller à la rencontre des autres cultures et façons de penser, s’enrichir de la différence de l’autre, j’ai ça en moi, poursuit-il. Une ouverture d’esprit ancrée dans les gènes de celui dont les parents sont nés à Madagascar et les grands-parents dans la Péninsule indienne.

Ses orientations pour le mandat à venir ? Reconquérir les droits collectifs et lutter contre le dumping social, le libéralisme et la sous-traitance, tout ce qui atomise et individualise. Sa principale revendication Que l’humain prime sur l’économique. Quant à la manière dont la fédération doit concevoir son avenir, le militant souligne : Nous devons rester une organisation avant tout militante, ajoute-t-il. Ce que nous portons est fondamental pour améliorer la situation des services publics et des salariés.

Alors qu’une crise économique s’annonce avec notamment des milliers d’emploi supprimés dans l’aérien, que le service public est remis en cause, que les dérives de la sous-traitance précarisent les travailleurs du nettoyage et de la sécurité  à nous d’être en ordre de bataille, a-t-il lancé à la tribune du congrès. Le monde d’après, plus de précarité, plus d’inégalités et d’ubérisation, on n’en veut pas. Et pour faire ce qu’on doit faire, on a nos résolutions, avec elles on saura faire aboutir nos revendications.


Source: Éditoriaux de jean-claude Mailly