Il est rare de voir à la même tribune des syndicats patronaux de l’industrie, de l’artisanat, de l’agriculture avec des représentants des salariés du public et du privé. En tout dix instances pour parler d’une même voix.

Le courrier a été adressé au préfet.

C’est la preuve que les syndicats peuvent dépasser leurs clivages en cas d’urgence sociale et économique. « L’urgence actuelle est partagée par tous » insiste Jérôme Capdevielle le patron départemental de Force-Ouvrière à l’origine de cette initiative unique en son genre. « Mais il est important d’être prêts à rebondir dès qu’il faudra le faire. C’est pourquoi nous adressons ce jour un courrier au préfet pour lui demander l’organisation d’assises de l’emploi et de la relance pour le département. Nous ne sommes pas un territoire comme les autres, on présente des décrochages multiples, du chômage, de la précarité qui sont comparables aux statistiques des départements d’outre mer. Il faut réagir. »

 

Un sentiment largement partagé par tous les syndicats signataires de la lettre au préfet (à l’exception de la CGT et de Sud). Ces représentants de l’économie locale au sens le plus large possible assurent avoir d’ores et déjà des pistes de réflexion bien avancées et des solutions concrètes à proposer.

Dix syndicats d’employeurs et salariés parlent d’une même voix.

 

« Nous sommes tous en prise directe avec le terrain, confie un syndicaliste. Il y a des choses spécifiques pour les Pyrénées-Orientales à imaginer, pour aller plus loin que les grands projets nationaux qui seront mis en place. Nous sommes une force de proposition, tous les sujets doivent être mis sur la table. Nous avons toute notre place pour le faire, surtout dans le cadre d’une démarche unitaire. Nous voulons être comme une boussole pour les décideurs. »

Car l’Etat va mettre beaucoup d’argent pour relancer la machine économique du pays et tout doit être mis en œuvre au niveau local pour que ces fonds profitent au maximum à l’emploi public et privé.

 

« Il y a urgence à préparer maintenant ces assises, assure encore un représentant patronal. Le tsunami va arriver. En 2020 il n’y a pas eu trop de défaillances d’entreprises, dont beaucoup sont comme en perfusion d’aides financières diverses. Cela ne durera pas. C’est aujourd’hui qu’il faut prendre les choses en main pour préparer la suite. »

Côte à côte Guy Durand de l’UPE et Jérôme Capdevielle de FO

 

Les syndicats signataires :

Pour les salariés du privé et du public : Cfdt, CFE/CGC, CFTC, FO, FSU, Unsa. Pour les employeurs : UPE, UPA, Cpme, FDSEA.

 

Publié le 03/02/2021 – L’indépendant – Denis Dupont